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UMP : parti politique ou organisation mafieuse ?

juillet 02, 2010 By: LePetitSauvage Category: Justice, Politique, Société

Article initialement publié sur la page Facebook du Peuple Violet

L’affaire Woerth / Bettencourt : une révélation explosive

Depuis les révélations de Médiapart du 16 juin 2010, sur le scandale d’évasion fiscale de Liliane Bettencourt, avec semblerait-il la complicité d’Eric Woerth – alors Ministre du Budget, et Trésorier de l’UMP – chaque jour apporte son lot de révélations, et entache un peu plus les cadres de l’UMP…

Ainsi, en écoutant un enregistrement sonore du 4 mars 2010, on apprend que

  • un « homme de main » de l’UMP, Philippe de Maistre, conseiller financier et gestionnaire de la première fortune de France (Liliane Bettencourt, propriétaire du groupe L’Oreal-Paris) lui conseille vivement (voire lui intime l’ordre) de « soutenir » financièrement Valérie Pécresse (alors qu’il sait qu’elle va perdre les élections), Eric Woerth (alors Ministre du Budget) et Nicolas Sarkozy (Dieu tout-puissant ndr), en leur versant chacun 7500 euros (montant maximum légal).
    En rapport à la fortune personnelle de L. Bettencourt, « ce n’est pas cher » !
  • Il est manifeste, à écouter l’extrait sonore, que Madame Bettencourt ne connait pas Valérie Pécresse
  • « Il faut leur montrer votre soutien (…) En ce moment, il faut qu’on ait des amis ». Le conseiller de Madame Bettencourt, doit bien savoir ce dont il parle (l’évasion fiscale de la milliardaire ndr)
  • « C’est bien, c’est pas cher, et ils apprécient » (sous-entendu : il sauront s’en souvenir le moment venu, ils sauront vous protéger ndr).

Cette « incitation » au financement de 3 micro-partis, cellules de l’UMP, ressemble fort à la pression « protectrice » d’une mafia exerçant le racket auprès des plus riches.
Il est clair, en tout cas, que le financement de l’UMP ne se fait pas sur la base du volontariat !

Eric Woerth au centre du scandale

Médiapart nous rappelle le parcours de l’actuel Ministre du Travail :

  • « Pilier de la Sarkozie, Eric Woerth a longtemps été présenté comme le discret expert-comptable, caution vertueuse du gouvernement.
    C’est oublier que le ministre du travail est depuis un quart de siècle au cœur la droite. Directeur financier du RPR pendant les «affaires», soutien d’une alliance avec le FN en Picardie lors des régionales de 1998… « 

et Woerth est toujours Trésorier de l’UMP !

Dans son édition du 1er Juillet, Médiapart révèle le montant du cadeau fait à L. Bettencourt, au titre du « bouclier fiscal ». Pour une multi-milliardaire, 30 millions d’euros, ce n’est qu’une goutte d’eau dans l’Océan. Mais il n’y a pas de « petites économies » (ndr) !

Eric Woerth, son épouse et les « affaires » !

L’épouse de l’ancien Ministre du Budget travaille pour Philippe de Maistre, gestionnaire de la fortune Bettencourt (qu’on entend dans l’enregistrement cité plus haut). Dans l’émission « Le Grand Jury » sur RTL, le Ministre Woerth affirme avoir « dressé une muraille de chine » entre lui et les activités de son épouse. Mensonge !

Eric Woerth, grand argentier de l’UMP, connait très bien Philippe de Maistre, employeur de son épouse !
Dans les enregistrements révélés par Médiapart, on constate que : « Eric Woerth est d’abord cité au sujet d’un bâtiment de l’Hôtel de la Monnaie, appelé à héberger un « auditorium André-Bettencourt ». «  Tiens donc ! (ndr)

Le gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt, Patrice de Maistre, assure dans un enregistrement avoir obtenu le bâtiment « grâce à Eric Woerth, dont la femme travaille pour nous ». Il ajoute : « C’est lui qui a permis à l’Institut de récupérer le bâtiment dans lequel on va faire l’auditorium. » (Source : Les nouvelles News)

Les liens étroits entre Woerth et les affaires de la milliardaire semblent donc clairement établis !

Mais que fait la justice ?

Dès le 17 juin, le Parquet de Nanterre ouvre une enquête pour « atteinte à la vie privée » à la demande de la famille Bettencourt et de leur gestionnaire de fortune…

Mediapart et l’employé de Madame Bettancourt sont visés. On parle d’une « infraction évidente ».

Cependant, jeudi 1er juillet, la justice rend sa première décision dans l’affaire Bettencourt.
En rejetant le référé présenté par Liliane Bettencourt et par Patrice de Maistre, contre Mediapart, le tribunal de Paris a jugé que les révélations de Médiapart relèvent «de la publication d’informations légitimes et intéressant l’intérêt général». Et que demander leur retrait «reviendrait à exercer une censure contraire à l’intérêt public».

Mais le Ministre Eric Woerth est toujours en place !

Et l’UMP fait bloc autour de lui !

A l’Assemblée Nationale, les Députés UMP évoquent «une opération de déstabilisation sordide». !
L’opposition demande la création d’une Commission d’enquête Parlementaire. Mais la majorité UMP qui, en principe ne peut la refuser, traine des pieds…

Une affaire personnelle qui révèle un scandale d’État

Rappelons qu’au départ, la révélation par Médiapart concerne des enregistrements personnels réalisés par un employé de Madame Bettencourt, mettant en évidence les liens étroits entre la milliardaire et le couple Woerth.

Aujourd’hui, tous les ténors de l’UMP montent au créneau…

Sous la pression du scandale, François Baroin (Actuel Ministre du Budget) saisit timidement l’Inspection des finances (Source Reuters sur LeMonde.fr)

Quel niveau de corruption de l’UMP l’affaire Bettencourt révèlera-t-elle ?

Aujourd’hui, LeMonde.fr nous apprend que les banques suisses « ricanent » et s’emportent contre Eric Woerth – levant ainsi le voile sur les actions de l’UMP auprès des « familly offices » en Suisse.
Et là, il ne s’agit plus de 3 petits chèques de 7500 euros !

Liberation.fr pose clairement la question : « à qui allait l’argent liquide retiré par la comptable ? » (accréditif de 50.000 euros par semaine ! ).
L’avocat de cette trésorière particulière affirme que «Woerth s’est mis dans une situation qui n’est pas irréprochable».

Bernard Accoyer, Président UMP de l’Assemblée Nationale, a jugé «recevable» la demande des députés PS de création d’une commission d’enquête parlementaire sur l’affaire Bettencourt/Woerth, estimant jeudi qu’elle «ne pose pas de problème de recevabilité sur le fond». (Source Liberation.fr)

Les jours prochains nous en apprendront plus, sur la création de cette Commission d’enquête, comme sur les éventuelles ramifications et nouvelles révélations de cette affaire.

Mais des questions essentielles subsistent :

  • Pourquoi Eric Woerth n’a-t-il pas démissionné, comme le voudraient les fondements de notre République ?
  • Pourquoi les cadres financiers de l’UMP, clairement mis en cause par les révélations successives de Médiapart, et des différents intervenants dans cette affaire, n’ont ils pas été mis en examen ?
  • Combien de temps encore les Parlementaires, députés élus et Sénateurs, le Conseil constitutionnel, la Haute Cour d’état… observeront ils cette politique-magouille sans réagir, sans remettre de l’ordre dans le fonctionnement mafieux du parti au pouvoir ?

Affaire à suivre…

Article initialement publié sur la page Facebook du Peuple Violet



Réforme des retraites : un faux débat

juillet 01, 2010 By: LePetitSauvage Category: Politique, Société

La réforme des retraites est, depuis 2007, inscrite comme priorité au programme de l’UMP et de Nicolas Sarkozy (la dernière réforme de 2003 prévoyait déjà une nouveau « rendez-vous » pour 2008)

Il fallait donc logiquement s’attendre à ce qu’une nouvelle réforme majeure arrive et soit menée à son terme.

Je noterais seulement que, pendant 2 ans et demi de présidence Sarkozy, aucun parti dit « d’opposition », aucun syndicat ne s’y est préparé. Par contre, dès que le sujet fut médiatisé, ces derniers crièrent au loup, au scandale et appelèrent à manifester, tout en critiquant vertement (et à juste titre) le choix de Nicolas Sarkozy de reculer l’âge légal de départ à la retraite.

L’âge légal de départ à la retraite, on ne parle que de ça !

* L’UMP, tout d’abord, en prétextant que, la population vieillissant, il est « normal » qu’elle soit active plus longtemps.
* Les « forces d’opposition » ensuite, en scandant « Touche pas à ma retraite à 60 ans ».

Ce n’est pas un débat ! C’est un dialogue de sourds !

Le piège du gouvernement, tous les acteurs, tous les observateurs et commentateurs sont tombés dedans :

L’âge légal de départ à la retraite.

La trappe était tellement béante qu’il fut impossible de ne pas tomber dans le précipice !

Afin de recentrer le débat sur le vrai problème des retraites, commençons par lire le très officiel Document d’orientation sur la réforme des retraites.
Dès les première lignes le piège est tendu :
- « Ce système est aujourd’hui menacé sous l’effet du vieillissement démographique. Les Français sont de plus en plus nombreux à partir à la retraite : la France comptera 18 millions de retraités en 2030, contre 15,5 millions aujourd’hui, et 23 millions en 2050. Nous vivons par ailleurs de plus en plus longtemps, avec une espérance de vie qui a augmenté de 15 ans depuis 1950. Face à ce vieillissement, le nombre d’actifs est de plus en plus insuffisant. Ils étaient 4 pour un 1 retraité en 1960, 1,7 aujourd’hui et 1,5 en 2020. »

Les chiffres paraissent incontestables, mais la manipulation est grossière :

* 15,5 millions de retraités aujourd’hui, 18 millions en 2030, 23 millions en 2050 : une prévision aussi fiable que la météo de la semaine prochaine dans le fin fond du Cantal !
* Des chiffres à mettre en rapport (ce que le document d’orientation omet volontairement) : l’évolution de la population française, soit 62 millions aujourd’hui, 67 millions en 2030, près de 70 millions en 2050 [source INED]
* le document ne précise pas non plus l’âge pris en compte pour les projections du nombre de retraités
* le document précise : « l’espérance de vie a augmenté de 15 ans depuis 1950″ en omettant de rappeler que l’âge moyen de « départ au travail » a augmenté de 10 ans sur la même période !
* le plus « intéressant » est en fin de citation : le nombre d’actifs…

Le nombre d’actifs !

Il est bien là, le problème du financement des retraites par répartitions !
Mais bizarrement, aucun parti ou syndicat n’a su « recentrer le débat » sur le VRAI PROBLÈME !
Non, on ne parle que de l’âge légal de départ à la retraite, et de toutes ses exceptions…

Rappelons-nous comment fonctionne, dans les grandes lignes, notre système de retraite, très simplement :

* employeurs et employés actifs cotisent, en proportion à la masse salariale, à des « caisses de retraite » qui reversent les sommes collectées aux personnes retraitées qui y sont affiliées
* le besoin de « réformer les retraites » réside dans le déficit de ces caisses qui, aujourd’hui, doivent verser plus qu’elles ne collectent
* Parce que le nombre de retraités augmente ?
Ou parce que le nombre d’actifs diminue ?
Les deux, mon capitaine !
Mais le taux de prélèvement augmente, lui aussi, depuis de nombreuses années…
* Donc on peut affirmer sans se tromper que la crise des retraites est directement liée à la crise de l’emploi, au manque d’actifs !
* nous pourrions également fouiller dans les nombreuses exceptions et dans la myriade de régimes différents pour trouver encore de nombreuses sources de ce déficit collecte/versement.

En clair : moins il y a d’actifs, moins il y a de collecte de cotisations, plus il y a de déficit…

Mais est-ce vraiment aux seniors de payer la différence, en acceptant de travailler plus longtemps ?
La réponse est évidemment NON !

Où sont passés les « actifs » et leurs cotisations ?

* Pour beaucoup malheureusement, les actifs sont passés du plein-emploi à pôle-emploi, et là, pas de cotisation-retraite (même si, heureusement, ces périodes de chômage comptent en temps de travail dans le calcul final de la retraite)
* On compte de plus en plus d’emplois au Smic… la faute à la crise, disent-ils ! Mais aussi et surtout, de plus en plus d’emplois précaires ou à temps partiels ! Ce sont des cotisations-retraites en moins, c’est mathématique !
* Mondialisation et maîtrise des coûts obligent, de nombreuses entreprises sont contraintes (vraiment ?) de « délocaliser » leur production, voire leur activité toute entière. Ce sont là encore, des cotisations-retraites en moins !
* Lorsque les entreprises ne « délocalisent » pas, elles s’installent dans des « zones franches » ou autres niches d’exonération et de privilèges sociaux. Elles embauchent des contrats « aidés », pour bénéficier de réductions, voire d’exonérations de charges ! Encore des cotisations qui s’envolent !

Dans tous les cas, ce sont les « actifs » qui morflent, et par ricochet, tout notre système de retraite par répartition…

Les entreprises manquent-elles d’argent, pour devoir « échapper » à la solidarité sociale ?
A étudier les salaires des grands directeurs, des hauts cadres, tout comme les dividendes colossaux versés aux actionnaires (qui souvent ne sont pas des actifs), ce n’est pas l’argent qui manque ! Alors où est le problème ?

La réforme des retraites : une affaire de volonté et d’engagement politique

* Oui, l’espérance de vie augmente, nous vivrons donc plus longtemps
* Oui, il y a un déficit de levée de cotisations-retraites lié à l’évolution de cette espérance de vie
* Non, l’âge légal de départ à la retraite n’est pas une solution juste, et encore moins pérenne !

Ne nous y trompons pas : repousser l’âge de départ à la retraite ne fera pas entrer d’argent dans les caisses de retraites. Ce n’est qu’une mesure technique, à court terme, évaluée pour éviter d’avoir à « sortir l’argent » trop tôt !
Si le nombre d’actifs continue de diminuer, ou de stagner, alors que la population augmente et vieillit, le trou continuera inéluctablement à se creuser ! Et dans 5 ans, il faudra à nouveau « réformer » !

Aussi, une « réforme juste » ne peut être trouvée que dans l’évaluation d’un financement alternatif et/ou complémentaire des retraites. Et ce doit être là un engagement politique majeur !

Quelques pistes qui devraient être étudiées, proposées et débattues par les partis et syndicats dits « d’opposition » :

* Taxer lourdement les délocalisations !
D’une part pour conserver l’emploi chez nous, et les cotisations-retraites qui en découlent, d’autre part pour soutenir l’économie connexe (sous-traitance, métiers complémentaires…), également source d’emploi et de cotisations
* Taxer les revenus du capital afin que les bénéfices colossaux dégagés par les grands groupes participent avant toute autre chose à la solidarité nationale.
Mais aussi pour redonner une VRAIE valeur au travail ! (Nous marchons sur la tête : pour GAGNER SA VIE, il ne faut plus travailler, mais FAIRE TRAVAILLER LES AUTRES – qu’on me dise que l’esclavage est aboli après ça !)
* Taxer, à la frontière, les produits issus de la délocalisation de NOS entreprises, tout comme l’importation de produits en provenance de pays pratiquant ouvertement le dumping social
* Revenir à une économie plus raisonnée en favorisant les TPE/PME plutôt que les grands groupes industriels et autres lobbies économiques internationaux
(que les capitaux français restent en France, et les fonds de pensions américains aux USA !)
* Interdire, ou les taxer lourdement, aux grandes entreprises qui réalisent des bénéfices records, tous les ans, d’avoir recours aux « contrats aidés » ou aux « franchises » de cotisation
* …

Alors, à ceux qui nous gouvernent, aux syndicat, comme à tous ceux qui veulent se présenter à nos suffrages en 2012, à vous qui avez la possibilité de débattre et de faire pressions sur le gouvernement sarkozyste au sujet, ô combien crucial, de l’avenir de nos séniors, puis bientôt de notre avenir, je vous pose la question suivante :

Aurez-vous le courage, aurez-vous le cran, aurez-vous la volonté et l’engagement de négocier une réforme des retraites juste, équitable, humaine, en mettant de côté le seul argument de l’âge légal de départ à la retraites ?

Mesdames et messieurs, qui dites nous représenter et défendre les valeurs de la République et les intérêts du peuple souverain, aurez-vous les couilles de regarder les choses en face, et de prendre VOS RESPONSABILITÉS ?

La réforme des retraites n’est pas une question d’âge, mais une nécessité d’équité et de justice sociale !

Un emploi pour toutes et tous !

Privilégions enfin la rémunération du travail de l’humain avant celle du travail de l’argent, du capital !